Pour la première fois sur ce site, le savoir faire d’une tatoueuse est évoqué.
Leeloo donne des détails sur son travail, son avis sur le monde du tatouage et évoque l’évolution de son salon.

(c) DeadMunchStreet

Où travailles-tu ?

Je travaille sur les Quais de Versailles à Nantes. J’ai un shop qui s’appelle
DeadMunchStreet dans lequel je travaille avec 2 autres tatoueuses.

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Quelle est ta machine de prédilection ?

La Cheyenne, c’est une nouvelle génération de machines rotatives. C’est très précis, très léger et l’aiguille peut être changée très facilement et elle est rétractable, on ne risque pas de se piquer par mégarde.

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Quels sont les autres outils ou encres que tu utilises le plus ?

L’encre Stupid Black, elle est géniale. Elle n’est ni trop fluide, ni trop épaisse, elle est bien sombre et le reste.

Sinon, j’aime la Dark Red, un rouge assez profond très sympa. Au shop, notre couleur de prédilection est Earth, un bleu-vert très sombre et légèrement gris. On en parle presque tous les jours au shop !

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Utilises-tu d’autres machines ?

La plupart du temps, j’utilise le même type d’aiguille, la deuxième plus petite. J’utilise trois aiguilles. La plupart des tatoueurs utilisent 5, 7 ou 9 aiguilles. Je fais presque tout avec mes 3 aiguilles en triangle : les lignes et le remplissage.

Ça va très vite, c’est du dots. La machine fait une ribambelle de petits points à la suite. Ça crée un sablage. De plus en plus de personnes utilisent cette technique dans le tatouage, c’est un peu la mode. Je ne connaissais pas cette technique, j’ai découvert ça parce que je n’aimais pas changer d’aiguille et j’ai appris que plein de personnes le faisaient exprès. Les erreurs font qu’on découvre de belles choses parfois.

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Comment choisis-tu ton matériel ?

Avant, je fabriquais mes machines. Je les montais en fonction de ce que je voulais faire. Ça nécessite un minimum de savoir en physique. Désormais, je prends des machines toutes faites, les Cheyenne. Les anciennes générations ont tendance à ne pas vouloir acheter une machine qu’ils ne savent pas monter et démonter car ils ne savent pas ce qu’il y a dedans. On se sert bien d’un ordinateur sans savoir le démonter, si ça fonctionne bien, il n’est pas utile de le monter soi-même. Il faut savoir accepter l’évolution des technologies.

À côté de ça, j’utilise toujours du hand poke, à la main, sans machine.

Soit j’utilise la modernité à son summum, soit je reprends les origines du tatouage lorsque quelqu’un veut un tatouage fait uniquement à la main et plus profond. Tout dépend du symbolisme recherché par les personnes.

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Quelles sont les grandes lignes enseignées par les tatoueurs qui t’ont formée ?

Ils n’enseignent pas vraiment, c’est davantage de l’observation. Les deux tatoueurs que j’ai côtoyés faisaient des pièces traditionnelles japonaises très colorées basées sur les symboles japonais. Ce qui me rassurait avec Kazu, c’est qu’il peignait. Je pouvais apprendre autant de choses sur la peinture que sur le tatouage. Hiderow faisait très pièces très colorées, flashy. J’ai préféré aller dans le noir et blanc.

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Qui sont les deux autres tatoueuses de ton shop et comment as-tu commencé à travailler avec elles ?

Drop m’a été présentée, elle cherchait un apprentissage, je l’ai vue tatouer et je lui ai dit de travailler directement ! Je lui ai appris à bien gérer l’hygiène.

Quand une personne commence un apprentissage en tatouage, même si elle sait tatouer parfaitement, elle ne sait pas pour autant gérer les clients. Il est important d’apprendre à les comprendre, à ne pas trop en faire avant d’avoir parfaitement compris ce qu’ils veulent.

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Il ne faut pas faire un dessin parfait alors que la personne ne sait pas encore ce qu’elle veut. Il est très compliqué d’apprendre à gérer la clientèle, les prix et la partie médicale. C’est beaucoup plus délicat que ce qu’on imagine et que ce que la formation hygiène nous apprend. Il fallait que Drop apprenne à être rigoureuse à ce niveau-là. Une fois que c’était fait, c’était parti !

Elle fait des pièces plus colorées, des pin-up, des pièces plus graphiques, etc. Elle sort de l’Ecole Pivaut (école d’arts appliqués à Nantes). Je suis plus instinctive et elle est plus rigoureuse. Elle a un grand sens artistique.

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Ensuite, il y a Sarah aka Salem Ink, elle est venue pour un apprentissage et puis au fil du temps, elle a appris à tatouer. Elle a un style plus comique assez sombre. Il y a donc 3 styles différents et surtout 3 filles, ce qui change des autres salons. Ça donne une touche un peu différente et puis ça rassure les femmes. Pourtant, notre clientèle est composée à égales parts d’hommes et de femmes, de tous les âges et de tous les styles.

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Crédits photos : photographies fournies par Leeloo et publiées avec son autorisation © DeadMunchStreet